Le métier de consultant recouvre des réalités très différentes : conseil en stratégie, développement informatique, gestion de projet ou accompagnement RH. Chaque consultant indépendant doit pourtant répondre aux mêmes questions de fond. Quel statut choisir, comment facturer, quelles charges déduire et quelles assurances prévoir ?

En résumé
  • Le choix entre personne physique et société se fait d’abord selon le niveau et la stabilité des revenus dans le temps ;
  • La TVA de 21% s’applique à la majorité des prestations de conseil ;
  • Les consultants IT sont de nouveau éligibles au régime des droits d’auteur depuis 2026 ;
  • Les frais liés aux outils numériques sont déductibles ;
  • Une société de management devient souvent intéressante à partir d’un certain chiffre d’affaires.

 

Devenir consultant indépendant : les démarches essentielles

L’accès au métier de consultant ne demande ni stage ni diplôme réglementé, contrairement à d’autres professions libérales. Vous devez simplement être majeur, disposer de la capacité juridique d’exercer une activité indépendante et ne pas faire l’objet d’une interdiction professionnelle. Vous inscrivez ensuite votre activité à la Banque-Carrefour des Entreprises pour obtenir votre numéro d’entreprise.

Dès cette inscription, vous devez aussi vous affilier à une caisse d’assurance sociale et vous identifier à la TVA. Ces démarches conditionnent ensuite l’ensemble de votre gestion administrative, ainsi que vos droits sociaux et votre future pension de consultant indépendant.

 

Trouver des clients : mission directe ou agence de placement

Un consultant décroche ses missions de deux façons principales. Il peut démarcher directement des clients, ou passer par une agence spécialisée qui se charge de le placer.

 

La mission directe et la convention de prestation

Lorsque vous travaillez directement avec un client, vous signez généralement une convention de prestation de services. Ce contrat précise la nature de la mission, sa durée, votre tarif journalier et les modalités de facturation. Il détaille aussi la propriété intellectuelle des livrables, la confidentialité et les conditions de résiliation. Cette convention doit surtout démontrer l’absence de lien de subordination avec le client, en laissant transparaître votre autonomie dans l’organisation de votre travail.

 

Passer par une agence de placement

De nombreux consultants, surtout en informatique, passent par une agence de placement ou une société de consultance qui les positionne chez un client final. Vous facturez alors l’agence plutôt que le client final, qui prélève une marge sur votre tarif journalier. Cette solution simplifie la prospection, mais réduit votre marge et votre maîtrise de la relation commerciale.

Tips
Que vous travailliez pour un client direct ou via une agence, vérifiez toujours les clauses d’exclusivité et de non-concurrence avant de signer votre convention.

 

Personne physique ou société : quel statut pour un consultant ?

Certains consultants démarrent directement en société de management, tandis que d’autres débutent en personne physique avant de passer en société. Ce choix dépend surtout du volume de revenus attendu, de la stabilité des clients et du niveau de rémunération souhaité pour couvrir les dépenses privées.

La société apporte une séparation de patrimoine et une fiscalité souvent plus légère au-delà d’un certain seuil de revenus. Elle implique toutefois une comptabilité complète et des obligations supplémentaires, comme la publication des comptes annuels.

À retenir
Que vous exerciez en personne physique ou en société, restez attentif au risque de faux-indépendant. Ce risque augmente lorsque vous travaillez durablement pour un seul client. Exercer via une société de management réduit ce risque, car la relation contractuelle se noue alors entre deux sociétés. Le risque persiste toutefois si l’administration constate, dans les faits, un lien de subordination avec ce client.

 

TVA et facturation : les règles propres au consultant

Vos prestations de conseil sont en principe soumises à la TVA de 21%. Si votre chiffre d’affaires annuel reste sous le seuil légal, vous pouvez théoriquement opter pour le régime de la franchise et facturer sans TVA. Ce régime reste toutefois rarement intéressant pour un consultant, qui travaille en général avec des clients professionnels assujettis. Ces clients récupèrent en effet la TVA facturée, ce qui ne leur coûte rien de plus. En optant pour l’assujettissement ordinaire, vous récupérez de votre côté la TVA sur vos propres dépenses professionnelles.

 

Facturation électronique via Peppol

Depuis 2026, la facturation électronique via Peppol s’impose progressivement à tous les consultants indépendants qui facturent en B2C. Vos factures doivent en outre toujours mentionner votre numéro d’entreprise et le taux de TVA appliqué.

 

Facturer un client assujetti dans un autre pays de l’UE

Si votre client est assujetti à la TVA dans un autre pays de l’UE, vous facturez sans TVA belge. Vous mentionnez alors l’autoliquidation sur la facture. Le client déclare lui-même la TVA due dans son propre pays. Vérifiez toujours la validité de son numéro de TVA intracommunautaire via le système VIES avant de facturer sans TVA. Cette facturation doit aussi apparaître dans votre déclaration périodique à la TVA, et vous devez déposé un relevé intracommunautaire à la fin du trimestre.

 

Perception des revenus selon votre statut

Le mode de perception de vos revenus varie ensuite selon votre statut. En personne physique, vous facturez directement vos clients. En société, c’est elle qui facture, puis qui vous rémunère sous forme de salaire, d’avantages ou de dividendes.

 

Droits d’auteur : un régime de nouveau accessible aux consultants IT

Avant 2022, de nombreux consultants informatiques profitaient du régime avantageux des droits d’auteur. La réforme fiscale de cette même année avait ensuite exclu les programmes informatiques de ce régime, ce qui pénalisait fortement le secteur numérique.

La loi votée et publiée en juillet 2026 réintègre les programmes informatiques dans le champ d’application des droits d’auteur, avec effet rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2026. Les consultants qui développent des logiciels de façon originale peuvent donc à nouveau percevoir une partie de leur rémunération sous ce régime fiscal avantageux.

Important
Ce retour reste toutefois encadré : la prestation doit rester réellement créative, et le montant qualifié de droits d’auteur reste plafonné. Plus d’information dans notre article sur les droits d’auteur.

 

Frais déductibles et outils numériques du consultant

En tant que consultant, vous déduisez vos frais généraux, comme les cotisations sociales, les assurances ou les honoraires de votre comptable. Vous déduisez également le matériel informatique, les logiciels et les abonnements liés à vos missions.

Vous pouvez déduire vos déplacements professionnels, en Belgique ou à l’étranger, dans le cadre d’une formation ou d’un rendez-vous client. Cela concerne aussi bien un trajet en train ou en avion qu’une nuitée à l’hôtel. En société, un forfait journalier per diem couvre en plus vos frais sur place lors d’un déplacement à l’étranger, sans justificatif détaillé.

Les repas d’affaires avec un client sont également déductibles à 69%, tandis que les cadeaux clients le sont en principe à 50%. Ces frais doivent rester raisonnables et clairement liés à votre activité de consultant.

Conseil
Conservez systématiquement une facture ou un contrat pour chaque abonnement logiciel. Cette pièce justificative reste indispensable pour valider la déduction en cas de contrôle.

 

La voiture, un poste de frais souvent important

De nombreux consultants se déplacent régulièrement chez leurs clients. La voiture devient alors l’un des postes de frais les plus significatifs de leur activité. Sa déductibilité dépend toutefois du taux d’émission de CO2 du véhicule et de sa date de commande.

En société, l’usage privé est compensé par la taxation d’un avantage de toute nature, sans devoir justifier un usage professionnel important. En personne physique, la voiture entre par contre dans les frais professionnels à hauteur de l’usage réellement justifié. Un consultant à client unique, visité uniquement depuis son domicile, ne pourra donc justifier qu’une faible quote-part, ces trajets restant privés.

Le saviez-vous ?
Un véhicule électrique commandé avant le 1ᵉʳ janvier 2027 reste déductible à 100%. Pour un thermique ou hybride, la déductibilité varie entre 40% et 100% selon la date de commande et le taux d’émission.

 

Assurances indispensables pour exercer comme consultant

La responsabilité civile professionnelle n’est pas légalement obligatoire pour le métier de consultant, contrairement à certaines professions réglementées comme le médecin ou l’expert comptable. De nombreux clients l’exigent toutefois de façon contractuelle, en particulier les grandes entreprises. Elle couvre les conséquences d’une erreur ou d’un conseil inadapté ayant causé un dommage à un client.

D’autres assurances restent également vivement recommandées :

  • la protection juridique, pour couvrir vos frais en cas de litige avec un client ;
  • l’assurance revenu garanti, pour compenser une perte de revenus en cas d’incapacité ;
  • une solution de pension complémentaire, pour préparer votre retraite de consultant indépendant.

Ces protections complètent votre couverture sociale de base, souvent insuffisante en cas d’incapacité de travail prolongée.

 

Le métier de consultant offre une grande liberté d’organisation, à condition de sécuriser chaque aspect comptable, fiscal et administratif de votre activité. Une question sur votre situation de consultant indépendant ? Prenez rendez-vous (gratuit) avec nos experts, ils vous répondront avec plaisir 💬