Dans le cadre de la gestion comptable, le financement d’un bien d’équipement ne passe pas toujours par un achat direct. La location-financement, aussi appelée leasing financier, permet d’utiliser un actif tout en l’inscrivant au bilan comme s’il vous appartenait. Le compte 25 du PCMN belge enregistre précisément ces immobilisations détenues en location-financement et droits similaires. Il s’inscrit dans la classe 2, aux côtés des autres comptes d’actifs immobilisés.

En résumé
  • Le compte 25 enregistre les biens acquis via un contrat de location-financement (leasing financier) ;
  • La condition impérative : les loyers cumulés doivent reconstituer intégralement le capital investi ;
  • Trois sous-comptes existent : 250 (terrains et constructions), 251 (installations et machines), 252 (mobilier et matériel roulant) ;
  • À l’activation du contrat, le bien figure à l’actif et une dette correspondante apparaît au passif (compte 172) ;
  • Le traitement TVA sur véhicules non utilitaires est limité à 50 % de récupération maximum.

 

Qu’est-ce que le compte 25 en comptabilité belge ?

Le compte 25 regroupe les immobilisations que votre entreprise utilise dans le cadre d’un contrat de location-financement. Concrètement, vous n’êtes pas encore propriétaire juridique du bien, mais vous en êtes le propriétaire économique. Le bien est donc inscrit à l’actif de votre bilan, comme s’il s’agissait d’un achat.

Cette approche découle du principe de prééminence de la réalité économique sur la forme juridique. L’arrêté royal du 29 avril 2019 définit les conditions d’une opération de location-financement :

  • une option d’achat peut exister, mais n’est pas obligatoire ;
  • si une option d’achat est prévue, son montant ne peut dépasser 15 % du capital investi ;
  • les montants versés doivent permettre de reconstituer intégralement le capital investi.

Cette dernière condition est la seule véritablement impérative selon l’Avis CNC 2015/4.

À savoir
Si l’option d’achat dépasse 15 % du prix d’achat, il ne s’agit plus d’un leasing financier mais d’un renting (ou leasing opérationnel). Le traitement comptable est alors différent : les loyers sont directement pris en charges et le bien n’apparaît pas au bilan.

 

Les trois sous-comptes du compte 25

 

Compte 250 : terrains et constructions

Le compte 250 couvre le leasing immobilier. Il peut s’agir du terrain seul, d’un bâtiment existant ou en construction, ou encore d’un immeuble à vocation industrielle, commerciale ou artisanale.

Ce type de contrat est souvent utilisé pour financer des locaux professionnels sans mobiliser de capitaux importants dès le départ.

 

Compte 251 : installations, machines et outillage

Le compte 251 s’applique aux biens mobiliers au sens du Code civil. Il concerne les équipements affectés exclusivement à des fins professionnelles, achetés sur mesure pour le futur locataire et amortis sur la durée du contrat.

Ce compte est fréquemment utilisé pour financer du matériel médical, des machines de production ou des équipements informatiques.

 

Compte 252 : mobilier et matériel roulant

Le compte 252 recouvre le mobilier de bureau et les véhicules professionnels pris en leasing financier. C’est probablement le cas le plus courant pour un indépendant ou une petite société.

Important
Pour les véhicules non utilitaires, la TVA n’est récupérable qu’à concurrence de 50 % maximum. La partie non récupérable doit être comptabilisée dans le compte 6407 (TVA non déductible), et non intégrée dans la valeur d’acquisition du bien.

 

Comment comptabiliser un contrat de location-financement ?

À la conclusion du contrat

Dès la signature, vous activez le bien dans le compte 25 à sa valeur d’acquisition. En contrepartie, vous enregistrez une dette au passif :

  • la partie à plus d’un an dans le compte 172 (dettes de location-financement) ;
  • la partie à rembourser dans l’année dans le compte 422.
Exemple

Votre société signe un contrat de leasing financier pour un véhicule d’une valeur de 30 000 € (hors TVA). Durée : 5 ans. Option d’achat : 3 000 € (10 %).

À la signature :

  • Débit compte 252 : 30 000 €
  • Crédit compte 172 : 27 000 € (part à plus d’un an)
  • Crédit compte 422 : 3 000 € (part échéant dans l’année)

Chaque mois, votre redevance se décompose en :

  • remboursement de capital (réduction de la dette) ;
  • intérêts (comptabilisés en compte 650 – charges des dettes).

À la fin du contrat, si vous levez l’option d’achat (3 000 €), vous transférez le bien du compte 252 vers le compte 24 (mobilier et matériel roulant), en augmentant sa valeur du montant de l’option.

 

Amortissements pendant le contrat

Le bien est amorti selon les règles habituelles, sur sa durée d’utilisation économique. Pour un véhicule, la durée d’amortissement est généralement de 5 ans.

Les amortissements s’enregistrent au débit du compte 630 et au crédit du compte 259 (amortissements actés sur immobilisations en location-financement).

 

En fin de contrat

Trois situations sont possibles à l’échéance :

  • Levée de l’option d’achat : vous payez la valeur résiduelle et transférez le bien vers les comptes d’immobilisations corporelles correspondants (24, 23, 22…) ;
  • Restitution du bien : vous soldez le compte 25 et le compte de dette associé ;
  • Renouvellement : un nouveau contrat est conclu et donne lieu à une nouvelle activation.

 

Achat, location-financement ou renting : quelles différences ?

Le choix de la formule de financement influence directement votre bilan, votre fiscalité et votre trésorerie. Voici un comparatif synthétique :

CritèreAchatLocation-financement (compte 25)Renting / leasing opérationnel
PropriétéImmédiateÉconomique (option d'achat ≤ 15 %)Locataire uniquement
Impact au bilanActif + dette (prêt)Actif + dette (compte 172)Hors bilan
AmortissementsOui, sur durée de vieOui, sur durée du contratNon
TVAPréfinancée à l'achatÉtalée sur les redevancesÉtalée sur les redevances
Trésorerie initialeImpact importantPréservéePréservée
Option d'achatN/A≤ 15 %≥ 16 % ou inexistante

L’achat sur fonds propres reste la solution la moins coûteuse sur le long terme, mais mobilise des liquidités. La location-financement préserve votre trésorerie et vous permet d’amortir le bien. Le renting, quant à lui, allège le bilan mais ne donne pas droit à la propriété.

Le saviez-vous ?
Depuis le 1er janvier 2026, les voitures thermiques neuves ne sont plus déductibles fiscalement, qu’il s’agisse d’un achat ou d’un leasing. Le choix de la motorisation impacte donc directement la déductibilité de vos charges liées au compte 25.

 

Sale and lease back : une opération spécifique

Le sale and lease back consiste à vendre un bien que vous possédez à une société de leasing, puis à le reprendre immédiatement en location-financement. Cette opération permet de dégager des liquidités tout en continuant à utiliser le bien.

Sur le plan comptable, cette opération suit le principe de prééminence de la réalité économique. La vente et le leasing sont traités comme une opération globale, et non de manière isolée, pour respecter l’image fidèle des comptes.

Les travaux d’amélioration ou de transformation réalisés sur un bien détenu en location-financement sont quant à eux comptabilisés dans le compte 26 (autres immobilisations corporelles), et non dans le compte 25.

 

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