En tant qu’indépendant assujetti à la TVA, vous devez appliquer le bon taux sur chacune de vos factures. En effet, choisir le mauvais taux de TVA expose à des régularisations, des amendes et des complications lors d’un contrôle. Ce guide présente les quatre taux de TVA en vigueur, les catégories de biens et services concernés, ainsi que les changements importants de 2026.

En résumé
  • Il existe quatre taux de TVA : 0 %, 6 %, 12 % et 21 %. Le taux dépend du bien ou service vendu, pas de votre statut ;
  • Facturer à 0 %, en autoliquidation ou être exonéré sont trois situations différentes avec des conséquences distinctes sur votre droit à déduction ;
  • Depuis le 1er mars 2026, deux taux ont évolué : hôtels et campings (6 % → 12 %), produits phytopharmaceutiques (12 % → 21 %) ; les plats à emporter, le sport et la culture restent à 6 % (hausse suspendue suite à l’avis du Conseil d’État) ;
  • Les pompes à chaleur dans les habitations de moins de 10 ans bénéficient du retour au taux de 6 % pour la période 2026-2030 ;

 

Quel taux de TVA appliquer : le principe de base

Le taux de TVA dépend uniquement du bien ou du service que vous vendez. Votre statut juridique (personne physique ou société) n’a aucune influence. Le type de client non plus (particulier ou professionnel).

En pratique, le raisonnement est simple. Vous appliquez le taux de 21 % par défaut. Vous n’en sortez que si le bien ou le service figure dans une liste légale prévoyant un taux réduit. Ces listes découlent de l’Arrêté royal n° 20 et font régulièrement l’objet de mises à jour politiques ou budgétaires.

À retenir
Le taux de TVA correct est celui qui correspond au bien ou au service facturé, et non à votre secteur d’activité en général. Un consultant en informatique facture 21 %, même s’il travaille pour un client dans l’horeca.

 

Taux de TVA 0 % : taux zéro, autoliquidation et exonération

Une facture sans TVA peut résulter de trois mécanismes bien distincts. Il est utile de ne pas les confondre, car leurs conséquences diffèrent.

Le taux de 0 % est un véritable taux de TVA. Il s’applique à des catégories précises comme les journaux quotidiens ou les mitrailles. C’est aussi le taux applicable aux indemnités BAJ des avocats (aide juridique de deuxième ligne, pro deo).

À retenir
Établir une facture à 0 % de TVA n’équivaut pas à émettre une facture sans TVA. vous devez mentionner la base imposable dans votre déclaration, vous restez assujetti à la TVA et conservez votre droit à déduction

L’autoliquidation (régime cocontractant pour les travaux immobiliers, ou facturation intracommunautaire) est différente. Il ne s’agit pas d’un taux de 0 % : c’est un transfert de la charge de TVA vers le client. Vous n’indiquez aucun taux sur la facture, mais la TVA existe bien. C’est simplement le client qui la déclare et la paie. Les pages dédiées au taux cocontractant et aux taux étrangers détaillent ces cas.

L’exonération (article 44 du Code TVA) fonctionne autrement. Elle représente une sortie complète du système TVA. Elle concerne certaines professions comme les prestataires de soins de santé. Ainsi, l’exonéré ne facture pas de TVA, mais ne peut pas non plus la déduire sur ses achats.

 

Taux de TVA 6 % : les biens et services de première nécessité

Le taux réduit de 6 % couvre les produits et services considérés comme essentiels. Il touche un large spectre de catégories.

 

Quels biens relèvent du taux de 6 % ?

Voici les principales catégories concernées :

  • Alimentation (viande, poisson, légumes, fruits, produits laitiers, huiles, café, thé, etc.), à l’exception des boissons alcoolisées à plus de 1,2 % ;
  • Médicaments et dispositifs médicaux ;
  • Journaux, périodiques et livres (y compris numériques) ;
  • Distribution d’eau, fourniture d’électricité, gaz naturel ;
  • Transport de personnes ;
  • Droits d’auteur ;
  • Travaux de rénovation d’immeubles privés de plus de 10 ans (sous conditions, voir page dédiée) ;
  • Installation de pompes à chaleur dans des habitations de moins de 10 ans (taux réintroduit à partir de 2026 pour une période de 5 ans) ;

 

Réforme de 2026 : ce qui a effectivement évolué

L’arrêté royal du 14 février 2026 modifiant l’arrêté royal n° 20 a officialisé plusieurs modifications de taux au 1er mars 2026. La réforme initiale était plus ambitieuse. Toutefois, le Conseil d’État a rendu un avis négatif sur les volets relatifs aux plats à emporter, au sport et à la culture. Voici les principaux changement à retenir :

CatégorieAncien tauxNouveau tauxDate changement
Hôtels et campings6 %12 %01/03/2026
Produits phytopharmaceutiques12 %21 %01/03/2026
Engrais mélangés à des phytopharmaceutiques12 %21 %01/03/2026
Pompes à chaleur (habitations < 10 ans)21 % (en 2025)6 % (2026-2030)01/01/2026
Chaudières à combustibles fossiles (rénovation)6 %21 % (dès juillet 2025)29/07/2026

Pour l’hébergement, un régime transitoire s’applique. Les séjours réservés avant le 1er mars 2026 et effectués avant le 1er juillet 2026 restent au taux de 6 %. Au-delà, le taux de 12 % s’applique pleinement.

Exemple

Un client réserve une chambre d’hôtel le 15 février 2026 pour un séjour prévu en mai 2026. Même si le séjour a lieu après le 1er mars, la réservation reste antérieure à cette date : le taux de 6 % s’applique. En revanche, un client qui réserve le 5 mars 2026 pour un séjour en avril paie le nouveau taux de 12 %, car la réservation est postérieure au 1er mars. À partir du 1er juillet 2026, le taux de 12 % s’applique à tous les séjours, quelle que soit la date de réservation.

 

Important
Les plats à emporter, le sport et la culture restent à 6 % pour l’instant. La hausse prévue à 12 % a été suspendue suite à l’avis du Conseil d’État. Si vous êtes actif dans ces secteurs, restez attentifs : une nouvelle version de la réforme pourrait être proposée dans les prochains mois.

 

Taux de TVA 12 % : le taux intermédiaire ou “taux parking”

Le taux de 12 % couvre historiquement un nombre limité de catégories : la margarine, les pneus pour machines agricoles, les charbons et dérivés, ou encore le logement social public.

Depuis le 1er mars 2026, l’hébergement touristique (hôtels, campings) l’a rejoint. En revanche, les produits phytopharmaceutiques basculent désormais au taux normal de 21 %. Quant aux plats à emporter, au sport et à la culture, ils restent à 6 % suite au retrait de cette partie de la réforme. C’est donc le taux qui connaît le plus d’évolutions au fil des ajustements politiques.

Le saviez-vous ?
Le taux de 12 % est qualifié de “taux parking” car il a historiquement servi de taux transitoire pour les États membres de l’UE qui appliquaient un taux réduit à des catégories non autorisées par la directive TVA. La Belgique l’utilise aujourd’hui pour un nombre croissant de biens et services.

 

Taux de TVA 21 % : le taux standard

Le taux de 21 % est le taux par défaut. Il couvre tous les biens et services qui ne figurent pas dans les listes de taux réduits. Concrètement, c’est le taux que la majorité des indépendants en consultance, services intellectuels et professions libérales facturent.

 

Qui applique systématiquement le taux de 21 % ?

Parmi les activités couramment soumises au taux standard, on trouve notamment :

  • Conseil en marketing, comptabilité, gestion, informatique, copywriting, graphisme ;
  • Services de coiffure et d’esthétique ;
  • Ventes de vêtements, meubles, produits électroniques ;
  • Voitures automobiles neuves ;
  • Travaux de construction neuve ;
Exemples

Un développeur web indépendant facture ses prestations à 21 %. Un coach en entreprise applique lui aussi 21 %. Un architecte qui conçoit un projet de construction neuve facture 21 %, même si les travaux de rénovation d’un logement ancien relèvent du taux de 6 %.

 

Comment appliquer le bon taux de TVA ?

La loi ne prévoit aucune exception pour les erreurs de bonne foi. En cas de contrôle TVA, c’est donc le bon taux qui doit figurer sur vos factures. Voici quelques repères pratiques.

D’abord, le taux s’applique ligne par ligne. Une même facture peut ainsi comporter plusieurs taux différents si vous vendez des produits dans des catégories distinctes.

Ensuite, pour les travaux immobiliers, les règles sont particulièrement complexes. Le taux peut varier entre 0 % et 21 % selon la nature des travaux, l’ancienneté du bâtiment et le profil du client. Les pages dédiées au taux réduit de 6 % en rénovation et au régime cocontractant approfondissent ces cas.

Enfin, pour les opérations internationales, d’autres règles s’appliquent (autoliquidation, taux du pays client, etc.). Notre page sur les taux étrangers couvre ce sujet en détail.

 

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