Parmi les décisions qui attendent une profession médicale et paramédicale au moment de s’installer, le choix de se conventionner occupe une place centrale. Se conventionner revient à appliquer les tarifs officiels négociés entre votre profession et les mutualités. Ce choix influence vos honoraires, le remboursement de vos patients et même votre future pension. Comme dans d’autres métiers indépendants, il mérite une réflexion posée, d’autant que les règles évoluent d’une année à l’autre.

En résumé
  • Se conventionner signifie respecter les tarifs officiels fixés par l’accord ou la convention de votre profession ;
  • En contrepartie, vous percevez une prime annuelle appelée statut social INAMI ;
  • Le conventionnement partiel combine tarifs officiels et honoraires libres selon des plages définies ;
  • Les patients d’un kiné ou d’un logopède non conventionné sont moins bien remboursés ;
  • Votre statut se gère via ProSanté, avec une échéance au 15 décembre pour changer l’année suivante.

 

Que signifie se conventionner à l’INAMI ?

Les représentants de chaque profession négocient régulièrement avec les mutualités un texte qui fixe les tarifs officiels des prestations remboursées. Pour les médecins, il s’agit de l’accord médico-mutualiste et, pour les dentistes, de l’accord dento-mutualiste. Les kinésithérapeutes, logopèdes, infirmiers ou sages-femmes adhèrent quant à eux à une convention avec les organismes assureurs.

En adhérant à ce texte, vous vous engagez à appliquer ces tarifs à vos patients. Les prestations hors nomenclature échappent toutefois à cette règle. Le praticien non conventionné fixe au contraire librement ses honoraires et peut réclamer des suppléments, dans certaines limites.

 

Conventionné, partiellement conventionné ou non : trois statuts possibles

Le conventionnement partiel existe notamment pour les médecins et les dentistes. Le médecin indique alors les lieux et les heures où il n’applique pas les tarifs officiels. Le dentiste doit, lui, garder un volume minimal d’activité au tarif conventionné (au moins 20 heures par semaine, par exemple).

StatutTarifs appliquésStatut social INAMISuppléments
ConventionnéTarifs officiels pour toute l'activitéMontant completNon, sauf prestations hors nomenclature
Partiellement conventionnéTarifs officiels pendant certaines plagesMontant réduit chez les médecinsOui, en dehors des plages conventionnées
Non conventionnéTarifs libresAucunOui, avec des limites pour les patients BIM

 

Le statut partiel offre ainsi une certaine souplesse. Un médecin peut par exemple garder des consultations conventionnées en journée et réserver quelques plages libres en soirée.

 

Combien rapporte le statut social INAMI ?

Le statut social INAMI est une prime annuelle réservée aux praticiens conventionnés. Elle finance en général un contrat de pension complémentaire ou une assurance revenu garanti. L’INAMI la verse l’année qui suit l’année de conventionnement, après validation de votre dossier dans ProSanté.

Son montant varie fortement selon la profession. Pour 2026, un médecin conventionné reçoit 6 243,59 €, contre 2 945,25 € s’il est partiellement conventionné. Un kinésithérapeute peut prétendre à un montant compris entre environ 2 180 € et 3 850 € selon son activité. Pour un infirmier, la prime s’élevait à 650,36 € pour l’année 2025.

À savoir
Vous devez en principe rester conventionné toute l’année pour toucher la prime. L’année où vous recevez votre numéro INAMI, vous la percevez toutefois au prorata de vos mois d’adhésion.

 

Ne pas se conventionner : les conséquences pour vos patients et vos revenus

Le déconventionnement vous laisse fixer vos tarifs, mais cette liberté recule. Depuis le 1er janvier 2026, un médecin ne peut plus facturer de supplément à un patient BIM en ambulatoire. La même interdiction vise les dentistes pour toutes leurs prestations remboursées depuis le 1er juillet 2026.

Certaines professions connaissent aussi une baisse du remboursement. Depuis le 1er mai 2025, les patients d’un kinésithérapeute non conventionné reçoivent un remboursement réduit de 25 %, sauf s’ils bénéficient de l’intervention majorée. Une règle similaire touche les logopèdes non conventionnés depuis le 1er avril 2026.

Vous renoncez enfin au statut social et à certaines primes réservées aux conventionnés. Un projet de loi prévoit en outre de plafonner les suppléments d’honoraires à partir de 2028.

 

Comment se conventionner ou changer de statut ?

Toutes les démarches se font en ligne via ProSanté, le portail de l’INAMI. Pour les médecins et les dentistes, l’adhésion est automatique. Sans réaction de votre part dans les 30 jours suivant la publication de l’accord au Moniteur belge, vous devenez conventionné pour toute votre activité.

Ce délai de 30 jours permet aussi de refuser l’accord ou d’y adhérer partiellement. Pour l’accord médico-mutualiste 2026-2027, il a pris fin le 12 mars 2026. Vous pouvez ensuite modifier votre statut pour 2027, à condition de l’enregistrer avant le 15 décembre 2026.

Kinésithérapeutes et logopèdes gèrent eux aussi leur adhésion dans ProSanté. Un logopède peut par exemple adhérer à tout moment, avec effet dès sa notification. Pour quitter la convention, il doit en revanche agir avant le 15 décembre, avec effet au 1er janvier suivant.

Important
Vous envisagez de changer de statut pour 2027 ? Votre décision doit figurer dans ProSanté avant le 15 décembre 2026.

 

Se conventionner ou non : les critères pour bien choisir

Aucun statut ne convient à tous les praticiens. Votre décision dépend d’abord de votre patientèle : une forte proportion de patients BIM réduit l’intérêt des suppléments. La demande locale compte aussi, car un cabinet très sollicité supporte mieux des tarifs libres.

Comparez ensuite les chiffres sur une année complète. Le gain lié aux suppléments doit compenser la perte du statut social et le départ éventuel de certains patients. Pensez enfin à votre pension : la prime INAMI finance un capital que vous devriez sinon constituer seul.

Exemple :

Un médecin généraliste qui se déconventionne renonce à 6 243,59 € de statut social. Avec un supplément de 10 € par consultation, il doit facturer environ 625 suppléments par an pour simplement compenser cette perte.

Se conventionner reste un choix stratégique, qui gagne à reposer sur des chiffres concrets plutôt que sur une intuition. Besoin d’y voir clair avant l’échéance du 15 décembre ? Prendre rendez-vous (gratuit) avec un expert BILLY, nos experts vous répondront avec plaisir 💬