- Exportation TVA : de quoi parle-t-on exactement ?
- Pourquoi l’exportation TVA est-elle exonérée ?
- Quelle est la preuve de l’exportation TVA ?
- Comment déclarer une exportation TVA ?
BILLY, la solution tout-en-un
N°1 des indépendants
Exportation et TVA : exemption, preuves et obligations déclaratives


Vous vendez des biens à des clients établis hors de l’Union européenne ? Alors vous réalisez des exportations au sens TVA. Dans le cadre des opérations TVA, les exportations occupent une place particulière : elles ouvrent droit à une exonération totale de TVA, tout en vous permettant de conserver votre droit à déduction. Ce guide vous explique les conditions à respecter, les preuves à conserver et la façon de reporter ces opérations dans votre déclaration.
- Toute exportation de biens vers un pays hors UE bénéficie d’une exonération de TVA ;
- Vous conservez néanmoins votre droit à déduction sur les achats liés à ces ventes ;
- La preuve de l’exportation est obligatoire : le DAU (document administratif unique) est indispensable ;
- La base imposable (exonérée) s’inscrit en grille 47 de votre déclaration périodique ;
- Sans preuve, la TVA redevient exigible auprès du vendeur.
Exportation TVA : de quoi parle-t-on exactement ?
Une exportation, au sens de la TVA, désigne le transport physique d’un bien meuble depuis la Belgique vers un pays situé hors de l’Union européenne. Concrètement, le bien quitte le territoire douanier de l’UE : il passe la frontière d’un État membre pour rejoindre un pays tiers.
Cette définition est importante, car elle distingue l’exportation d’une livraison intracommunautaire. Lorsque vous vendez un bien à un client établi en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne, vous réalisez une livraison intracommunautaire, et non une exportation. L’exportation TVA concerne uniquement les ventes vers des pays comme les États-Unis, le Canada, la Suisse, le Maroc ou le Japon, pour ne citer que ceux-là.
Un créateur de mobilier artisanal expédie une commande à un client californien : il réalise une exportation exonérée de TVA.
Un consultant vend une formation en ligne à une entreprise suisse : selon les règles de localisation des services, les règles applicables diffèrent de celles des biens. Pour les biens physiques expédiés hors UE, c’est bien l’exonération exportation qui s’applique.
Pourquoi l’exportation TVA est-elle exonérée ?
Toutes les exportations de biens bénéficient d’une exonération de TVA. Cette règle repose sur un principe fondamental : la TVA se perçoit dans le pays de consommation. Or, le bien quitte l’Union européenne. Dès lors, la TVA belge n’a pas vocation à s’appliquer.
Il s’agit d’une exonération avec maintien du droit à déduction. Autrement dit, vous ne facturez pas de TVA à votre client étranger, mais vous récupérez la TVA que vous avez payée sur vos achats pour produire ou livrer ce bien. C’est un avantage réel pour les entreprises exportatrices.
Sur votre facture, mentionnez la référence légale : « Exonération de TVA en vertu de l’article 39 du Code de la TVA ».
Quelle est la preuve de l’exportation TVA ?
Le DAU : document indispensable
Invoquer une exportation pour ne pas facturer la TVA ne suffit pas. Vous devez en apporter la preuve. Le document central est le document administratif unique (DAU), établi à la douane de sortie de l’UE. Cette douane peut se trouver en Belgique (port de Zeebrugge, aéroport de Liège) ou dans un autre État membre (port de Rotterdam, aéroport de Paris-CDG).
Votre nom doit obligatoirement figurer sur le DAU en tant qu’exportateur. Sans cette mention, la preuve peut être contestée.
Depuis la circulaire 2020/C/87, une procédure électronique permet de valider la réalité de l’exportation directement via le système douanier, ce qui sécurise davantage votre dossier.
Autres documents acceptés
Le DAU est indispensable, mais pas nécessairement suffisant à lui seul. D’autres documents viennent renforcer le dossier :
- documents de transport (lettre de voiture, connaissement, lettre de transport aérien) ;
- accusés de réception signés par le client ;
- bons de commande avec adresse de livraison hors UE ;
- preuves de paiements internationaux.
Que se passe-t-il sans preuve ?
Sans preuve de l’exportation, la TVA redevient exigible. C’est le vendeur qui en est redevable, à charge pour lui de se retourner éventuellement vers son client. Ce risque justifie de constituer un dossier documentaire solide pour chaque exportation.
Comment déclarer une exportation TVA ?
La grille 47 dans la déclaration périodique
Même exonérées, vos exportations doivent apparaître dans votre déclaration périodique à la TVA. Vous inscrivez la base imposable (sans TVA) en grille 47, dans la section des opérations exonérées. Cette inscription est obligatoire : elle permet à l’administration fiscale de suivre vos flux d’exportation.
Opération Grille TVA facturée
Exportation hors UE 47 Non (exonérée)
Livraison intracommunautaire 46 Non (exonérée)
Vente locale soumise à TVA 03 Oui
Crédit TVA et remboursement
En tant qu’exportateur, vous ne collectez pas de TVA sur vos ventes. Or, vous payez de la TVA sur vos achats. Votre déclaration génère donc souvent un crédit TVA. Ce crédit est remboursable. Depuis le 1er janvier 2025, les crédits TVA sont remboursés à la fin du deuxième mois suivant la période de déclaration.
Un fabricant belge de cosmétiques exporte l’ensemble de sa production vers les États-Unis et le Japon. Il n’encaisse aucune TVA sur ses ventes. En revanche, il paie de la TVA sur ses matières premières et son emballage. Sa déclaration fait systématiquement apparaître un crédit TVA qu’il récupère chaque trimestre.
Cas particuliers d’opérations assimilées à une exportation
Outre les exportations classiques, certaines opérations bénéficient également de l’exonération TVA par assimilation :
- les transports maritimes et aériens internationaux de personnes ;
- les livraisons de navires et d’avions destinés au transport commercial ;
- les livraisons à des organismes agréés qui exportent dans le cadre d’activités humanitaires, charitables ou éducatives, via un E-Certificat ;
- les livraisons dans le cadre des relations diplomatiques et consulaires (ambassades, consulats, OTAN, institutions européennes…).
Ces cas restent minoritaires pour un indépendant ou une PME, mais il est utile de les connaître si votre activité vous amène à traiter avec ces types de clients.
Pour toute question sur vos obligations déclaratives ou la gestion de vos flux internationaux, prenez rendez-vous (gratuit) avec nos experts 💬


