Dans le bilan de vos comptes annuels, la valeur de vos immobilisations diminue chaque année en fonction de leur usure. Cette diminution correspond aux amortissements, une opération comptable incontournable dès qu’un investissement professionnel est réalisé. Comprendre leur fonctionnement permet d’anticiper leur impact sur votre résultat et sur la valeur de votre patrimoine. Cet article vous explique le principe des amortissements, leur mode de calcul et les durées applicables selon votre type d’investissement.

En résumé
  • L’amortissement répartit le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation ;
  • Il diminue le résultat au compte de résultats et la valeur nette à l’actif du bilan ;
  • La première année, il se calcule au prorata du nombre de jours d’utilisation ;
  • Chaque type d’investissement possède une durée minimale fixée par l’administration fiscale ;
  • C’est une charge déductible qui réduit votre base imposable sur plusieurs années.

 

Amortissements comptables : une opération à deux effets

Un amortissement est une simple opération comptable, mais elle produit deux effets distincts. Au compte de résultats, elle diminue le résultat de l’entreprise en prenant en charge la dépréciation subie par les immobilisations durant l’exercice. Le prix d’acquisition d’un bien est ainsi réparti sur toute sa durée d’utilisation probable, plutôt que déduit en une fois.

Au bilan, l’amortissement diminue la valeur inscrite à l’actif des immobilisations. Il reflète ainsi leur valeur comptable nette réelle dans votre patrimoine. Ces immobilisations, qu’elles soient corporelles ou incorporelles, sont enregistrées dans les comptes de la classe 2 de votre plan comptable.

Sans amortissement, la valeur de vos actifs resterait figée artificiellement. Or un véhicule, un ordinateur ou une machine perdent de la valeur chaque année. Les amortissements permettent donc de refléter fidèlement la réalité économique de votre entreprise.

 

Amortissements au prorata temporis : obligatoire pour les sociétés

Depuis 2020, toutes les sociétés doivent appliquer l’amortissement au prorata temporis l’année de l’acquisition. Cela signifie que l’amortissement de la première année correspond exactement au nombre de jours d’utilisation du bien. Les années suivantes, le montant devient constant si vous appliquez un amortissement linéaire.

Exemple :

Une entreprise acquiert une machine de production pour 15 000 € HTVA le 1er avril. Elle l’amortit sur une durée de dix ans, soit 10 % par an. L’amortissement de la première année s’élève à 1 127 € (15 000 € x 10 % x 275/366 jours). Les années suivantes, l’amortissement sera de 1 500 € par an (15 000 € x 10 %).

Ce mode de calcul évite de gonfler artificiellement vos charges la première année.

Si vous exercez en personne physique, vous conservez la possibilité d’amortir pour une année entière, quelle que soit la date d’acquisition du bien. Un ordinateur acheté en décembre peut donc générer la même annuité d’amortissement qu’un ordinateur acheté en janvier.

 

Les amortissements : une charge déductible

L’amortissement est une charge professionnelle déductible, à condition que sa durée respecte les règles admises par l’administration fiscale. Concrètement, chaque investissement que vous réalisez vous permet de réduire votre base imposable, non pas en une fois, mais sur plusieurs exercices.

Investir 10 000 € dans du matériel ne diminue pas votre résultat imposable de 10 000 € la même année. La charge se répartit selon la durée d’amortissement retenue pour ce type de bien.

Cette mécanique explique pourquoi le choix de la durée d’amortissement a un vrai impact sur votre charge fiscale. Une durée plus courte accélère la déduction, une durée plus longue l’étale.

À savoir
L’administration fiscale tolère que le petit matériel et les petites fournitures dont le montant ne dépasse pas 1000 € HTVA soient pris en charge directement, sans passer par un amortissement.

Par ailleurs, un terrain n’a pas de durée de vie limitée. Aucun amortissement périodique ne doit donc être acté à son sujet.

 

Quelle durée d’amortissement pour chaque type d’investissement ?

La durée minimale d’amortissement dépend de la nature du bien concerné. Pour les investissements immatériels, comme un logiciel ou un brevet, comptez au minimum cinq ans. Les frais de développement d’un nouveau produit, eux, s’amortissent sur trois ans minimum.

Pour les investissements matériels, voici les durées généralement admises par l’administration fiscale.

Type d'investissementDurée d'amortissement
Bâtiments industriels20 ans
Bâtiments commerciaux33 ans
Machines de production8 ans
Matériel roulant5 ans
Mobilier et matériel de bureau10 ans
Équipement informatique3 ans

 

⚠️ Ces durées sont des minima fiscaux. Vous pouvez amortir sur une durée plus longue, mais rarement plus courte, sous peine de rejet par l’administration.

Bien choisir la durée d’amortissement de vos investissements demande donc un peu d’anticipation. Prendre rendez-vous (gratuit) avec un expert BILLY, nos experts vous aideront à structurer vos investissements de la façon la plus avantageuse 💬