- Location à usage privé : une base imposable avantageuse
- Location à usage professionnel : une imposition sur les loyers réels
- Location meublée : deux types de revenus à déclarer
- Ce que la réforme Arizona change pour les bailleurs
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Prendre rendez-vous (gratuit)Taxation des revenus locatifs : quel impôt sur vos loyers ?


Vous êtes propriétaire et vous mettez un bien en location ? Les revenus locatifs font partie des revenus immobiliers soumis à l’IPP. Leur taxation suit des règles précises et dépend avant tout de l’usage que fait le locataire du bien. Le régime applicable varie selon que la location est privée ou professionnelle, meublée ou non meublée,… Nous vous expliquons tout.
- La base imposable pour une location à usage privé repose sur le revenu cadastral indexé, majoré de 40 %, et non sur le loyer réel perçu ;
- Pour une location à usage professionnel, le fisc impose les loyers réels, diminués d’un forfait de frais de 40 % ;
- La location meublée génère deux types de revenus : immobilier et mobilier, chacun imposé différemment ;
- Depuis l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025), la déduction des intérêts d’emprunt sur les biens locatifs est supprimée ;
- La requalification d’un loyer en revenu professionnel peut alourdir significativement la facture fiscale.
Location à usage privé : une base imposable avantageuse
Vous louez votre bien à un particulier qui l’occupe exclusivement à titre privé ? Dans ce cas, la taxation des revenus locatifs ne porte pas sur les loyers réels encaissés. Le fisc calcule l’impôt sur la base du revenu cadastral (RC) indexé, majoré de 40 %.
Le revenu cadastral est une valeur fictive attribuée par le SPF Finances à chaque bien immobilier. Il correspond à une estimation de la valeur locative nette de 1975, actualisée chaque année par un coefficient d’indexation. Pour l’année de revenus 2025, ce coefficient s’établit à 2,2446 ; pour 2026, il atteint 2,3000.
La formule de calcul est la suivante :
RC non indexé x coefficient d’indexation x 1,4.
Ce montant vient s’ajouter à vos autres revenus. Il est ensuite soumis aux taux progressifs de l’IPP (entre 25 % et 50 %).
Vous êtes propriétaire d’un appartement avec un RC non indexé de 900 €. Vous le louez à une famille pour 800 € par mois (9 600 €/an).
- Base imposable (revenus 2025) : 900 € x 2,2446 x 1,4 = 2 828,20 €
- Impôt estimé (taux de 40 %) : environ 1 131 €/an
Sans ce régime, l’impôt porterait sur 9 600 € de loyers réels, soit une charge fiscale nettement plus lourde. Ce mécanisme favorise délibérément la mise en location privée.
Vous louez une partie de votre habitation propre ?
Si vous mettez en location une partie seulement de votre habitation, le fisc applique le régime du revenu cadastral sur la fraction correspondante du bien. Vous déclarez donc uniquement la quote-part du RC qui reflète la superficie louée.
Vous louez le dernier étage de votre maison de trois étages à un particulier pour 750 €/mois. Le RC non indexé de votre maison est de 2 000 €. Vous déclarez au code 106 : 2 000 € / 3 = 666,67 € de RC non indexé. Seule cette fraction entre dans la base imposable.
Location à usage professionnel : une imposition sur les loyers réels
La situation change radicalement lorsque votre locataire utilise le bien à des fins professionnelles. C’est notamment le cas lorsque votre locataire, qu’il soit indépendant ou société, déduit le loyer dans ses frais professionnels. Dans ce scénario, la taxation des revenus locatifs porte sur les loyers réels perçus, diminués d’un forfait de frais de 40 %.
Une règle particulière s’applique lorsque vous êtes à la fois propriétaire de l’immeuble et dirigeant de la société locataire : le loyer est alors plafonné à 5/3 du revenu cadastral revalorisé (RC x coefficient de revalorisation). Tout ce qui dépasse ce plafond est requalifié en revenu professionnel dans votre chef, avec une charge fiscale nettement plus lourde à la clé. Le coefficient de revalorisation est de 5,75 pour les revenus de l’année 2026.
Un kinésithérapeute exerce en société. Il est propriétaire de sa maison, qui abrite à la fois son logement privé et son cabinet professionnel. Ce cabinet représente 30 % de la surface totale du bien, dont le revenu cadastral (RC) s’élève à 1 500 €. Sa société lui verse un loyer pour l’occupation de cette partie professionnelle.
Calcul du loyer maximum que la société peut lui verser
Seule la partie professionnelle du bien entre en ligne de compte pour le calcul du plafond :
- RC afférent à la partie professionnelle : 1 500 € x 30 % = 450 €
- Coefficient de revalorisation (revenus 2026, ex. d’imp. 2027) : 5,75
- Limite = RC x 5/3 x coefficient = 450 x 5/3 x 5,75
- Limite = 4 312,50 €/an, soit environ 359,38 €/mois
Tant que le loyer versé par la société ne dépasse pas ce montant, il est intégralement soumis au régime de la location professionnelle (revenu immobilier, forfait de frais de 40 %).
Calcul de l’impôt sur ce loyer
- Loyer annuel : 4 312,50 €
- Déduction forfaitaire (40 %) : 1 725 €
- Base imposable nette : 2 587,50 €
- Impôt estimé (45 %) : environ 1 164 €
Et s’il se verse un loyer de 1 000 €/mois, sans tenir compte de la limite ?
Le loyer réellement versé (12 000 €/an) dépasse largement la limite calculée ci-dessus (4 312,50 €/an). Le loyer est alors scindé en deux :
- Partie dans la limite (4 312,50 €) : traitée comme revenu immobilier, avec le forfait de 40 %
- Base imposable nette : 2 587,50 €
- Impôt (45 %) : environ 1 164 €
- Partie excédentaire (12 000 € – 4 312,50 € = 7 687,50 €) : requalifiée en rémunération de dirigeant d’entreprise, imposée intégralement, sans abattement de 40 %
- Impôt (45 %) : environ 3 459 €
Impôt total estimé : environ 4 623 €
En plus de cela, la partie requalifiée en rémunération est également soumise aux cotisations sociales du dirigeant.
Location meublée : deux types de revenus à déclarer
Vous louez un bien avec du mobilier ? Dans ce cas, le loyer se divise en deux composantes :
- La partie immobilière, imposée selon les règles habituelles détaillées ci-dessus ;
- La partie mobilière, correspondant à la location des meubles.
Par défaut, 40 % du loyer total est considéré comme une location de mobilier, sauf mention contraire dans le contrat. Sur cette partie, vous déduisez 50 % de frais forfaitaires. Le solde est imposé à un précompte mobilier de 30 %.
Concrètement, le taux effectif sur la part mobilière totale du loyer s’établit à 15 % (40 % x 50 % x 30 %). Ce régime génère un impôt légèrement supérieur à la location non meublée, mais il justifie souvent un loyer plus élevé.
Ce que la réforme Arizona change pour les bailleurs
L’accord de gouvernement Arizona introduit un changement concret pour les propriétaires qui ont contracté un crédit pour financer leur bien locatif. Depuis l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025), la déductibilité des intérêts ordinaires d’emprunt est supprimée pour les biens qui ne constituent pas votre habitation propre. Auparavant, ces intérêts réduisaient votre base imposable.
En pratique, cette suppression alourdit la facture fiscale de nombreux bailleurs. Pour un propriétaire qui rembourse un crédit avec 3 000 € d’intérêts annuels, la charge fiscale supplémentaire peut atteindre 1 200 à 1 500 € selon sa tranche d’imposition.
Sophie possède un appartement locatif avec un RC non indexé de 900 €. Elle le loue à un particulier et a contracté un crédit hypothécaire pour son acquisition.
- Revenu immobilier imposable (revenus 2024) : 900 € x 2,1763 x 1,4 = 2 742 €
- Intérêts du crédit payés en 2024 : 2 500 €
- Base imposable après déduction des intérêts : 2 742 € – 2 500 € = 242 €
Depuis l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025), Sophie ne peut plus déduire ces intérêts. Sa base imposable passe de 242 € à 2 742 €. À un taux de 45 %, cela représente environ 1 125 € d’impôts supplémentaires par an sur le même bien.
Récapitulatif : quel régime s’applique à votre situation ?
La taxation des revenus locatifs varie selon de nombreux paramètres. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux régimes abordés dans cet article.
| Situation | Base imposable | Taux |
|---|---|---|
| Location privée | RC indexé x 1,4 | Taux progressifs IPP |
| Location partielle de votre habitation | Quote-part du RC indexé x 1,4 | Taux progressifs IPP |
| Location professionnelle | Loyer brut - 40 % de frais forfaitaires | Taux progressifs IPP |
| Loyer professionnel excédant 2/3 du RC revalorisé (dirigeant-propriétaire) | Excédent requalifié en revenu professionnel | Taux progressifs IPP |
| Location meublée (privée) | Revenu immobilier : RC indexé x 1,4 Revenu mobilier : 40% du loyer après déductuction de 50% de frais forfaitaire | Revenu immobilier : taux progressifs IPP Revenu mobilier : 30 % |
| Location meublée (professionnelle) | Revenu immobilier : 60% du loyer - 40 % de frais forfaitaires Revenu mobilier : 40% du loyer - 50% de frais forfaitaires | Revenu immobilier : taux progressifs IPP Revenu mobilier : 30 % |
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