Attendre un enfant quand on travaille à son compte soulève vite des questions pratiques. Qui va suivre vos clients ? Combien allez-vous toucher ? Le congé maternité d’une indépendante fait partie de la protection sociale dont vous bénéficiez en tant qu’indépendante, au même titre que l’indemnité maladie ou la pension. Depuis juillet 2026, il peut durer jusqu’à 15 semaines. Voici comment il fonctionne et comment le préparer sereinement. Notre simulateur de congé maternité calcule déjà vos dates de repos et vos indemnités.

En résumé
  • Le repos de maternité dure 12 semaines, dont 3 obligatoires, et jusqu’à 15 semaines depuis le 1er juillet 2026 ;
  • Votre mutualité vous verse un forfait de 917,33 € brut par semaine pendant 4 semaines, puis de 839,82 € ;
  • Vous choisissez entre 105 titres-services gratuits et jusqu’à 3 semaines de repos supplémentaires ;
  • Vous ne payez pas de cotisations sociales pendant les deux trimestres qui suivent l’accouchement ;
  • Vous introduisez votre demande auprès de votre mutualité, avec un certificat médical indiquant la date prévue.

 

Congé maternité : quelles indépendantes peuvent en bénéficier ?

Vous avez droit au repos de maternité si vous êtes indépendante à titre principal ou conjointe aidante. Les gérantes et administratrices de société sont aussi concernées, car elles relèvent du statut social des indépendants.

Deux conditions s’appliquent. D’abord, vous remplissez les mêmes conditions que pour les indemnités d’incapacité de travail, notamment des cotisations sociales en ordre. Ensuite, vous cessez réellement toute activité professionnelle pendant votre repos complet. Cette règle vise aussi les actes de gestion dans votre société.

Important
Vous exercez à titre complémentaire, à côté d’un emploi salarié ? Vos droits passent alors en principe par votre statut de salariée. Votre mutualité vous confirmera la règle applicable à votre situation.

 

Durée du repos de maternité : de 12 à 15 semaines

Le repos de maternité comprend d’abord 3 semaines obligatoires : 1 semaine avant la date prévue et 2 semaines après la naissance. S’y ajoutent 9 semaines facultatives, ou 10 en cas de naissance multiple. Vous pouvez en prendre 2 au maximum avant le repos obligatoire.

Depuis le 1er juillet 2026, une nouveauté permet d’allonger ce congé de 3 semaines. Ces semaines supplémentaires dépendent de votre choix concernant l’aide à la maternité, détaillée plus bas. Elles concernent tout repos de maternité qui débute à partir de cette date.

PériodeDuréeMoment
Repos prénatal obligatoire1 semaineLes 7 jours avant la date prévue
Repos postnatal obligatoire2 semainesLes 14 jours qui suivent la naissance
Repos facultatif9 semaines, 10 si naissance multipleJusqu'à 2 semaines avant le repos obligatoire, le solde après la naissance
Semaines supplémentaires0 à 3 semainesSelon votre choix de titres-services
Total maximum15 semaines, 16 si naissance multipleRepos obligatoire et facultatif réunis

 

Repos postnatal à la carte ou à mi-temps

Après la naissance, vous pouvez fractionner vos semaines facultatives par périodes de 7 jours. Vous disposez pour cela de 48 semaines après la fin du repos postnatal obligatoire. Entre deux périodes, vous reprenez votre activité normalement.

Vous pouvez aussi convertir ces semaines en repos à mi-temps. Une semaine complète équivaut alors à deux semaines à mi-temps. Vous limitez votre activité à un mi-temps maximum, sans exercer d’autre activité professionnelle.

Exemple
Léa, architecte, prend ses 3 semaines obligatoires, puis 4 semaines facultatives complètes. Elle convertit ensuite ses 5 semaines restantes en 10 semaines à mi-temps. Elle suit ainsi ses chantiers en douceur pendant plus de deux mois.

 

Naissance anticipée, tardive ou bébé hospitalisé

Vous accouchez avant la date prévue ? Vous récupérez après la naissance les jours non pris de la semaine prénatale obligatoire. Si bébé arrive en retard, votre repos prénatal se prolonge jusqu’à l’accouchement. En revanche, la durée totale de votre congé reste identique.

Votre bébé reste hospitalisé plus de 7 jours dès sa naissance ? Vous pouvez prolonger votre repos du nombre de semaines complètes d’hospitalisation au-delà de ces 7 jours. Cette prolongation atteint 24 semaines au maximum. Prévenez votre mutualité dans les 2 semaines qui suivent la naissance, avec une attestation de l’hôpital.

 

Quel montant d’indemnité de maternité en 2026 ?

L’indemnité de maternité est un forfait hebdomadaire. Elle ne dépend donc pas de vos revenus. Votre mutualité la verse chaque mois, avec un premier paiement environ 30 jours après le début de votre repos. Notre simulateur vous donne le total selon les semaines que vous choisissez.

PériodeRepos completRepos à mi-temps
4 premières semaines917,33 €458,66 €
À partir de la 5e semaine839,82 €419,91 €

Ces montants sont bruts et suivent l’indexation. Votre mutualité retient un précompte professionnel de 11,11 %. Comme revenu de remplacement, l’indemnité s’ajoute ensuite à vos autres revenus imposables de l’année.

Conseil
Le précompte de 11,11 % ne couvre pas toujours l’impôt final. Si vos autres revenus de l’année sont élevés, l’indemnité subit votre taux marginal, qui peut atteindre 50 %. Mettez une partie de vos indemnités de côté, ou effectuez des versements anticipés pour étaler la charge.

 

Travailler pendant le congé maternité : règles et risques

Pendant vos semaines de repos complet, vous ne pouvez exercer aucune activité professionnelle. La mutualité regarde votre activité personnelle, pas les revenus de votre entreprise. Gérer votre société, répondre à un client ou rédiger un devis compte donc comme du travail. Vous ne pouvez pas couper totalement ? Prenez alors vos semaines facultatives à mi-temps.

Travailler pendant un repos complet vous expose à un risque réel. Votre mutualité peut récupérer les indemnités des semaines concernées, voire appliquer une sanction en cas de fraude. Pendant les 3 semaines obligatoires, la règle est encore plus stricte : sans arrêt complet, vous perdez toute indemnité.

Vos revenus peuvent en revanche continuer à rentrer, si vous organisez votre absence :

  • Envoyez avant votre congé les factures des prestations déjà réalisées, ou confiez cette tâche à un tiers ;
  • Maintenez vos abonnements si le service fonctionne sans vous (un logiciel, une formation en ligne) ou si quelqu’un d’autre l’assure ;
  • Confiez les urgences et les dossiers en cours à un collaborateur, un associé ou un confrère.
À savoir
Vous êtes dirigeante de société ? Par prudence, suspendez votre rémunération pendant vos semaines de repos complet, car elle rétribue en principe votre mandat. Les dividendes restent en revanche possibles. En cas de doute, interrogez votre mutualité avant votre congé.

 

Titres-services ou semaines supplémentaires : l’aide à la maternité

Votre caisse d’assurances sociales peut vous accorder jusqu’à 105 titres-services gratuits. Ils financent une aide-ménagère agréée après la naissance (nettoyage ou repassage). Depuis juillet 2026, vous pouvez cependant échanger tout ou partie de ces titres contre des semaines de repos.

Titres-services choisisSemaines de repos supplémentaires
105Aucune
701 semaine
352 semaines
Aucun3 semaines

Votre caisse vous remet une attestation du nombre de titres choisis, à transmettre à votre mutualité. Votre choix devient définitif le premier jour de la première semaine supplémentaire. Par ailleurs, ces semaines peuvent aussi se prendre à mi-temps.

Exemple
Sarah, consultante IT, renonce aux 105 titres-services et prend 15 semaines de repos complet. Ses indemnités brutes atteignent 12 907,34 €, soit 4 semaines à 917,33 € et 11 semaines à 839,82 €. Avec 12 semaines et ses titres-services, elle aurait perçu 10 387,88 € brut.

 

Attention
L’aide à la maternité n’est pas automatique. Votre caisse d’assurances sociales vous contacte après la naissance pour connaître votre choix. Renvoyez-lui rapidement le formulaire de demande et l’inscription aux titres-services : sans cette démarche, vous ne recevez rien.

 

Dispense de cotisations sociales pendant deux trimestres

Pour toute naissance depuis le 1er janvier 2026, vous ne payez pas vos cotisations sociales des deux trimestres qui suivent celui de l’accouchement. La dispense devient automatique dès que votre mutualité vous verse l’indemnité de maternité. Elle suppose toutefois une cotisation trimestrielle d’au moins 926,48 € en 2026.

Ces trimestres comptent comme payés pour vos droits sociaux, notamment votre pension. Autre bonne nouvelle : à partir des revenus 2026, la dispense n’empêche plus la déduction fiscale de votre PLCI.

Exemple
Vous accouchez en février 2027, soit au premier trimestre. Vous êtes dispensée des deuxième et troisième trimestres. Avec 60 000 € de revenus en 2027, chaque trimestre définitif vaut 3 075 €, soit 20,5 % de vos revenus annuels divisés par quatre. Vous payez donc 6 150 € hors frais de gestion pour les premier et quatrième trimestres, au lieu de 12 300 € sans dispense.

 

Comment anticiper votre congé de maternité ?

L’indemnité forfaitaire couvre rarement vos revenus habituels. Quelques mois avant la naissance, plusieurs actions vous évitent les mauvaises surprises :

  • Constituez une réserve de trésorerie pour couvrir vos charges fixes pendant votre absence ;
  • Vérifiez que vos cotisations sociales sont payées, car elles conditionnent le versement de vos indemnités ;
  • Demandez une réduction de vos cotisations provisoires si vos revenus de l’année vont nettement baisser ;
  • Prévenez vos clients, planifiez vos dossiers et identifiez un confrère de confiance pour assurer la continuité ;
  • Relisez votre assurance revenu garanti, car beaucoup de contrats excluent la maternité ou imposent un délai d’attente.

Votre grossesse vous empêche de travailler avant le repos de maternité ? Vous relevez alors de l’incapacité de travail et percevez une indemnité maladie d’indépendante (LIEN À CONFIRMER) jusqu’au début de votre congé.

Tips

Faites le point avec votre comptable trois ou quatre mois avant la naissance. Il peut chiffrer l’impact du congé sur vos revenus, vos cotisations et vos impôts.

 

Congé maternité : quelles démarches en tant qu’indépendante ?

Les formalités se font surtout auprès de votre mutualité, qui verse les indemnités :

  • Avant votre repos, complétez le formulaire de repos de maternité de votre mutualité, sur son site, dans son application ou en agence. Renvoyez-le-lui avec un certificat médical indiquant la date prévue et une éventuelle naissance multiple ;
  • Dans ce formulaire, précisez vos semaines facultatives, à temps plein ou à mi-temps, ainsi que votre choix de titres-services ;
  • Demandez à votre caisse d’assurances sociales l’attestation du nombre de titres-services retenus ;
  • Après la naissance, transmettez l’extrait d’acte de naissance à votre mutualité ;
  • À la reprise, prévenez votre mutualité dans les 2 jours avec le formulaire d’avis de reprise du travail.

Vous pouvez encore modifier la répartition de vos semaines facultatives après votre demande. Prévenez simplement votre mutualité à l’avance.

De son côté, votre partenaire indépendant peut prendre un congé de naissance de 20 jours.
Pensez aussi à la prime de naissance, une somme unique versée pour chaque enfant dans le cadre des allocations familiales. Vous la demandez à la caisse d’allocations familiales de votre choix, dès le sixième mois de grossesse. La région compétente dépend du domicile de l’enfant. Retrouvez les démarches sur le site de la Wallonie, d’Iriscare pour Bruxelles ou du Groeipakket pour la Flandre.

 

Grossesse difficile, allaitement, congé parental : quels autres droits ?

 

Repos forcé pendant la grossesse : l’incapacité de travail

Votre médecin vous impose de rester alitée avant votre repos de maternité ? Vous relevez alors de l’incapacité de travail, comme pour une maladie. Déclarez rapidement votre incapacité à votre mutualité, avec un certificat médical. Elle vous verse une indemnité maladie d’indépendante jusqu’au début de votre repos de maternité, au plus tard une semaine avant la date prévue.

 

Allaitement : pas de congé spécifique pour les indépendantes

Contrairement aux salariées, vous ne bénéficiez pas de pauses d’allaitement indemnisées. Pour passer plus de temps avec votre bébé, étalez plutôt vos semaines facultatives ou prenez-les à mi-temps. Vous disposez pour cela de 48 semaines après la fin du repos postnatal obligatoire.

 

Congé parental : prévu à partir de 2028

Aujourd’hui, les indépendants n’ont pas droit au congé parental des salariés. Le gouvernement prévoit toutefois d’en créer un à partir de 2028, en commençant par une semaine. Sa durée doit ensuite augmenter progressivement jusqu’à quatre mois, comme pour les salariés.

Bien préparé, votre congé vous laisse profiter de ces premières semaines sans inquiétude pour votre activité. Besoin d’un regard expert sur votre trésorerie, vos cotisations ou vos assurances avant l’arrivée de bébé ? Prendre rendez-vous (gratuit) avec un expert BILLY, nos experts vous répondront avec plaisir 💬