Vous êtes au chômage et vous voulez tester une activité d’indépendant sans perdre vos allocations ? C’est l’objectif du tremplin indépendant. Ce dispositif s’inscrit parmi les aides à la création d’entreprise disponibles en Belgique, aux côtés des primes régionales et des accompagnements gratuits.

En résumé
  • Le tremplin indépendant permet de conserver ses allocations de chômage pendant 12 mois en lançant une activité indépendante à titre complémentaire ;
  • Vous devez être au chômage, ne pas avoir exercé cette activité à titre principal récemment, et l’exercer vous-même sans salarié ni sous-traitant ;
  • La demande se fait auprès de l’ONEM ;
  • Le bénéfice net de l’activité ne peut pas dépasser un plafond journalier ;
  • En cas de dépassement, vous remboursez une partie des allocations de chômage perçues.

 

Qu’est-ce que le tremplin indépendant ?

Le tremplin indépendant est une mesure fédérale qui permet à une personne au chômage de démarrer une activité d’indépendant à titre complémentaire, tout en continuant à percevoir ses allocations de chômage. Cet avantage dure 12 mois.

Concrètement, l’idée est de vous laisser tester la viabilité de votre projet avant de vous lancer à titre principal. Vous gardez ainsi un filet de sécurité financier pendant votre phase de démarrage.

C’est l’ONEM qui est en charge de cette mesure. Elle s’applique de la même façon dans les trois régions du pays.

 

Qui peut bénéficier du tremplin indépendant ?

Seules les personnes inscrites comme chômeur complet indemnisé peuvent profiter du tremplin indépendant. Cela concerne aussi bien les personnes qui avaient déjà une activité complémentaire avant de perdre leur emploi que celles qui souhaitent commencer une activité pendant leur période de chômage.

Vous devez respecter plusieurs conditions simultanément :

  • vous n’avez pas exercé cette même activité à titre principal au cours des années précédant votre demande ;
  • vous n’êtes pas devenu chômeur, même partiellement, dans le seul but de bénéficier du tremplin indépendant ;
  • vous exercez vous-même votre activité, sans faire appel à un salarié ou à un sous-traitant pour la réaliser à votre place ;
  • l’activité ne peut pas être une activité salariée déguisée ni une activité artistique.
À savoir

Vous pouvez bénéficier du tremplin indépendant plusieurs fois au cours de votre carrière. Une fois la période de 12 mois terminée, vous devrez toutefois attendre 6 ans avant de pouvoir à nouveau en bénéficier.

 

Comment introduire une demande de tremplin indépendant ?

Si vous répondez aux conditions, la demande se fait via le formulaire de l’ONEM C1C.

Vous devez transmettre ce document au plus tôt 3 mois avant la date de début de votre activité. Vous le remettez à votre bureau de chômage, en passant par votre organisme de paiement habituel, qu’il s’agisse de la FGTB, de la CGSLB, de la CSC ou de la CAPAC.

Une fois votre demande acceptée, il vous reste à créer votre entreprise à titre complémentaire de manière classique, avec un numéro d’entreprise, une affiliation à une caisse d’assurances sociales et, si nécessaire, un numéro de TVA.

 

Les conditions à respecter pendant les 12 mois

Une fois votre activité lancée, vous devez continuer à respecter 4 conditions liées à votre statut de chômeur, sous peine de perdre le bénéfice de la mesure :

Condition à respecterCe que cela implique concrètement
Rester inscrit comme demandeur d'emploiNe pas vous désinscrire auprès du service régional de l'emploi
Rester apte au travailÊtre médicalement en mesure d'occuper un emploi
Résider en BelgiqueConserver votre résidence habituelle sur le territoire belge
Rester disponible sur le marché de l'emploiContinuer à pouvoir accepter un emploi salarié si on vous en propose un

 

Quel plafond de revenus respecter avec le tremplin indépendant ?

C’est le point le plus délicat du tremplin indépendant. La personne au chômage ne peut pas réaliser un bénéfice net trop élevé avec son activité complémentaire, au risque de voir ses allocations diminuées.

Ce bénéfice net correspond à votre revenu brut, dont on soustrait vos frais professionnels et vos cotisations sociales. L’ONEM compare ensuite ce montant, ramené à un taux journalier, à un plafond fixé et indexé chaque année.

En 2026, le plafond est de 18,08 €.

Le saviez-vous ?

Le taux journalier se calcule en divisant votre bénéfice net annuel par 312 jours. Si votre activité n’a pas démarré au premier janvier, ce nombre de jours est proportionnellement réduit.

 

Que se passe-t-il si vous dépassez le plafond ?

Si votre bénéfice net dépasse ce plafond journalier, l’ONEM réduit vos allocations de chômage à concurrence du dépassement. Dans les cas les plus marqués, vous pouvez perdre la totalité de vos allocations sur la période concernée, voire devoir rembourser les sommes déjà perçues.

L’ONEM peut également remettre en cause le caractère « complémentaire » de votre activité si vos revenus deviennent trop importants.

Exemple :

Sophie lance une activité de graphisme en complément de ses allocations de chômage, qui s’élèvent à 32 € par jour. Son activité génère 6 200 € de bénéfice net sur l’année complète. En divisant ce montant par 312 jours, son revenu journalier atteint 19,87 €. Comme ce montant dépasse le plafond en vigueur (18,08 €), elle devra rembourser à l’ONEM la différence entre son revenu journalier et le plafond, pour chaque jour où elle a perçu des allocations.

 

Vous souhaitez faire le point sur votre projet d’activité complémentaire ou évaluer votre plafond de revenus admissible ? Prenez rendez-vous (gratuit) avec nos experts, ils vous répondront avec plaisir.