- Pourquoi combiner plusieurs façons de sortir l’argent de sa société ?
- 1. Le salaire du dirigeant : indispensable mais progressivement taxé
- 2. Les avantages de toute nature (ATN) : voiture, smartphone, ordinateur
- 3. Les frais propres à l’employeur : remboursements forfaitaires non taxés
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9 façons optimales de sortir de l’argent de sa société en Belgique


Gérer une société, c’est aussi décider comment vous rémunérer de la façon la plus avantageuse possible. Contrairement à l’indépendant en personne physique, le dirigeant dispose d’une palette de mécanismes pour sortir l’argent de sa société. Cet article vous présente chacune des options disponibles, avec des liens vers les explications détaillées.
- Un salaire minimal reste indispensable pour accéder au taux réduit à l’ISOC et cotiser pour votre pension ;
- Les avantages en nature (voiture, smartphone, ordinateur,…) et les frais forfaitaires complètent la rémunération ;
- Les dividendes (VVPRBis, réserve de liquidation) constituent les outils les plus avantageux pour sortir l’argent de sa société ;
- L’EIP, les droits d’auteur et le plan d’options sur actions permettent de diversifier les flux selon votre profil ;
- La combinaison de plusieurs mécanismes est toujours plus efficace qu’une seule approche.
Pourquoi combiner plusieurs façons de sortir l’argent de sa société ?
En société, chaque euro que vous percevez passe par un ou plusieurs niveaux de taxation. Le salaire et les ATN sont déductibles du bénéfice de la société (pas d’ISOC), mais soumis aux cotisations sociales et à l’IPP. Les dividendes, eux, sont distribués après ISOC et frappés d’un précompte mobilier. D’autres mécanismes échappent partiellement à ces charges : le loyer est partiellement soumis à l’IPP mais pas aux cotisations sociales, l’EIP permet un transfert différé à fiscalité réduite, et les frais propres à l’employeur ne supportent ni cotisations ni IPP. L’objectif est donc de composer un mix qui tient compte de votre situation personnelle, des besoins de votre société et de votre horizon de temps.
1. Le salaire du dirigeant : indispensable mais progressivement taxé
Le salaire reste le mécanisme de base pour percevoir un revenu de votre société. Vous fixez librement votre rémunération mensuelle. Elle est soumise aux cotisations sociales et à l’IPP selon les tranches progressives. Plus elle augmente, plus la taxation grimpe.
Malgré ce désavantage, vous devez toujours vous octroyer une rémunération minimale. Sans rémunération suffisante, vous perdez en effet l’accès au taux réduit d’ISOC (20 % sur la première tranche de 100 000 €). De plus, vous ne pouvez pas cotiser pour des produits de pension comme la PLCI ou l’EIP. Par ailleurs, en tant que dirigeant, vous payez quoi qu’il arrive des cotisations sociales minimales, même sans rémunération. Il est donc toujours judicieux de vous verser au moins le montant minimum soumis aux cotisations. Elles sont dues de toute façon, et un salaire dans les tranches basses reste peu taxé.
2. Les avantages de toute nature (ATN) : voiture, smartphone, ordinateur
Un avantage de toute nature correspond à la mise à disposition d’un bien ou service de la société pour un usage privé. Sa valeur est ensuite ajoutée fictivement à votre rémunération pour calculer les cotisations sociales et l’IPP. Cependant, l’administration fixe des montants forfaitaires pour de nombreux ATN, souvent inférieurs au coût réel.
Parmi les ATN les plus courants : la voiture de société, le smartphone, l’ordinateur, la tablette ou encore le logement. Lorsqu’il n’existe pas de forfait légal, la valeur taxable correspond au coût réel multiplié par le pourcentage d’usage privé.
3. Les frais propres à l’employeur : remboursements forfaitaires non taxés
Lorsque vous avancez des frais pour le compte de la société (téléphone privé, internet, bureau à domicile, représentation…), votre société peut vous les rembourser de façon forfaitaire, sans impôt ni cotisations sociales. Ces remboursements doivent rester raisonnables et justifiés.
Les montants forfaitaires admis varient selon la catégorie de frais. À titre indicatif, le bureau à domicile représente souvent 150 € par mois, le téléphone privé 25 € et l’ordinateur personnel 20 €.
4. Les chèques-repas, éco-chèques et chèques-cadeaux
En tant que dirigeant, vous pouvez vous octroyer des chèques-repas dans les mêmes conditions que vos salariés. Depuis 2025, le plafond exonéré est de 10 € par chèque (dont 8,91 € à charge de la société et 1,09 € à votre charge). Ces montants sont exemptés d’IPP et de cotisations sociales.
D’autres avantages extralégaux s’ajoutent : l’éco-chèque (jusqu’à 250 € par an, exonéré), le chèque sport-culture (jusqu’à 100 € par an) et le chèque-cadeau (jusqu’à 40 € par occasion spéciale). Ces avantages représentent un moyen simple d’extraire de la valeur de sa société sans fiscalité additionnelle.
5. La location d’un bureau à sa société
Louer une partie de votre habitation à votre société est une façon avantageuse de percevoir des revenus immobiliers plutôt qu’une rémunération classique. Ces revenus supportent une déduction forfaitaire de 40 % et ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
La principale contrainte : le loyer ne peut pas dépasser 5/3 du revenu cadastral revalorisé de la partie professionnelle. Au-delà, le fisc requalifie l’excédent en rémunération de dirigeant. Un bail écrit et enregistré via MyRent est vivement recommandé.
6. L’EIP : sortir l’argent de sa société pour préparer sa pension
L’Engagement Individuel de Pension (EIP) permet de transférer de l’argent de la société vers votre patrimoine privé sous forme d’épargne-pension. La prime versée par la société est déductible fiscalement dans la limite de la règle des 80 %. À terme, vous percevez un capital pension avec une taxation avantageuse.
L’EIP est ainsi l’un des rares mécanismes qui bénéficie à la fois d’une déductibilité pour la société et d’une fiscalité réduite à la sortie. Il se combine facilement avec une PLCI souscrite via votre personne physique. Par ailleurs, il est possible de prendre une avance sur les réserves constituées avant la pension pour financer un projet immobilier (achat, construction, rénovation).
7. Les dividendes : VVPRBis et réserve de liquidation
Les dividendes sont soumis à un précompte mobilier de 30 %. Combiné à l’ISOC déjà prélevé sur le bénéfice, le taux effectif global se rapproche de celui d’un salaire. C’est pourquoi les régimes à taux réduit (VVPRBis, réserve de liquidation) font toute la différence : ils constituent souvent le moyen le plus avantageux de retirer des bénéfices de votre société, à condition de respecter les délais et conditions applicables.
VVPRBis : taux réduit pour les petites sociétés
Le régime VVPRBis permet aux petites sociétés de distribuer des dividendes à un précompte mobilier réduit sur les actions émises depuis le 1er juillet 2013 via apport en numéraire. Le taux standard est de 30 %. Avec VVPRBis, il descend à 20 % dès le 2e exercice, puis à 15 % à partir du 3e.
Réserve de liquidation : l’outil le plus patient
Les petites sociétés peuvent affecter une partie de leur bénéfice à une réserve de liquidation, taxée immédiatement à 10 %. Après un délai d’attente, cette réserve peut être distribuée à un taux complémentaire réduit (5% ou 6,5%). En cas de liquidation, la distribution s’effectue sans précompte supplémentaire. Les taux et délais exacts varient selon la date de constitution de la réserve.
8. Le plan d’options sur actions
Votre société souscrit des options sur actions qu’elle met ensuite à disposition du dirigeant. Cet octroi constitue un avantage de toute nature (ATN) : il génère des cotisations sociales et un impôt dès l’attribution, mais sur une valeur forfaitaire fixée légalement, souvent inférieure à la valeur réelle. Ensuite, après une période de détention d’un an minimum, le dirigeant peut lever ces options et revendre les actions sous-jacentes. Le gain réalisé lui revient sans subir de nouvelle imposition. C’est précisément ce point qui rend ce dispositif fiscalement attrayant.
9. Les droits d’auteur : revenus mobiliers à 15 %
Pour les dirigeants qui créent des œuvres protégées (designers, architectes, développeurs, journalistes…), la cession de droits d’auteur à la société constitue dès lors un levier fiscal intéressant. Ces revenus sont qualifiés de revenus mobiliers, soumis uniquement au précompte mobilier de 15 %, sans cotisations sociales.
Le dirigeant cède ses droits à la société via une convention écrite. La société lui verse une rémunération pour cette cession, déductible comme charge. Plusieurs limites s’appliquent : un plafond annuel de 73 070 € (exercice 2025), une limite de 30 % de la rémunération totale et une moyenne sur quatre ans à ne pas dépasser.
Quelle combinaison choisir pour sortir l’argent de sa société ?
Il n’existe pas de recette unique. La stratégie optimale dépend du bénéfice de votre société, de vos revenus personnels, de vos objectifs patrimoniaux et de votre horizon de retraite. Un salaire minimal, quelques ATN bien choisis, des frais forfaitaires raisonnables et une part de dividendes via la réserve de liquidation ou le VVPRBis : voilà souvent une base efficace pour commencer.
La bonne nouvelle est que ces mécanismes se combinent librement, sous réserve du respect de chaque régime. Ainsi, une révision annuelle avec votre expert-comptable permet d’ajuster le mix en fonction de l’évolution de la législation et de vos priorités.
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