Lancer son activité de dentiste suppose de franchir plusieurs étapes administratives, sociales et fiscales, propres au statut de dentiste indépendant. Du visa au numéro INAMI, en passant par la Banque‑Carrefour des Entreprises, chaque démarche prépare la suivante. Viennent ensuite le choix du régime TVA, les assurances et l’organisation de la facturation. Ce guide vous accompagne pas à pas, de la fin du stage à la gestion de vos impôts.

En résumé
  • Le stage de dentiste généraliste dure un an, auprès de trois maîtres de stage au maximum ;
  • Le numéro INAMI prend effet dès le début du stage, avec une adhésion complète à l’accord ;
  • L’inscription à la Banque‑Carrefour des Entreprises coûte 111,50 € en 2026 ;
  • À titre principal, les cotisations sociales minimales atteignent 890,42 € par trimestre en 2026 ;
  • Les actes purement esthétiques, comme le blanchiment, nécessitent une inscription à la TVA.

 

Étape 1 : obtenir son visa, son agrément et son titre professionnel

Le master en sciences dentaires est nécessaire pour obtenir le visa du SPF Santé publique. Vous demandez ensuite votre agrément auprès de votre Communauté, selon le titre visé. Trois titres existent : dentiste généraliste, spécialiste en orthodontie et spécialiste en parodontologie.

Le dentiste généraliste effectue un stage d’un an auprès de trois maîtres de stage agréés au maximum. Le spécialiste suit quant à lui un stage de quatre ans, sous la supervision d’un maître de stage coordinateur. Contrairement aux médecins, les dentistes ne dépendent d’aucun Ordre professionnel.

 

Étape 2 : recevoir son numéro INAMI dès le début du stage

Le numéro INAMI permet à vos patients d’obtenir le remboursement de leurs soins. Dès que vous introduisez votre plan de stage complet, le SPF Santé publique informe l’INAMI. Vous recevez alors un numéro qui prend effet à la date de début du stage.

Comme stagiaire, vous adhérez complètement à l’accord dento‑mutualiste et respectez ses tarifs. Vous pouvez ensuite opter pour une adhésion partielle ou un refus, selon les règles de l’accord. Seule l’adhésion vous donne toutefois accès au statut social INAMI.

Le saviez-vous ?
Pendant votre stage, votre maître de stage perçoit une indemnité de l’INAMI pour vous rémunérer équitablement. En 2025, elle s’élève à 1 286,80 € par mois pour un stagiaire à temps plein.

 

Étape 3 : s’inscrire à la BCE et s’affilier à une caisse sociale

Avant votre premier soin comme indépendant, vous vous inscrivez à la Banque‑Carrefour des Entreprises via un guichet d’entreprise. Cette démarche coûte 111,50 € en 2026. Vous obtenez ainsi votre numéro d’entreprise.

Vous vous affiliez aussi à une caisse d’assurances sociales. Vos cotisations représentent 20,50 % de vos revenus, avec un minimum de 890,42 € par trimestre en 2026 à titre principal. Elles vous ouvrent des droits à la pension, aux indemnités d’incapacité et au congé de maternité ou de paternité. Ces cotisations restent par ailleurs entièrement déductibles.

 

Étape 4 : déterminer son régime TVA

Les soins à finalité thérapeutique restent exemptés de TVA selon l’article 44 du Code de la TVA. Si vous réalisez uniquement ces actes, vous n’avez pas besoin de vous identifier à la TVA. Les actes purement esthétiques restent en revanche taxables (un blanchiment ou des facettes sans indication médicale).

Si vous combinez les deux types d’actes, vous devenez assujetti mixte. Sous 25 000 € de prestations taxables par an, vous pouvez opter pour la franchise. Le tableau suivant résume les obligations liées à chaque régime.

RégimeDéclaration TVA périodique
Assujetti exemptéNon
Assujetti mixteOui, généralement trimestrielle
Assujetti mixte franchiséNon

 

Étape 5 : choisir son mode d’exercice

En cabinet privé, vous encaissez directement vos patients et assumez l’ensemble des frais. En clinique, l’établissement perçoit les honoraires et vous les reverse après une rétrocession, généralement comprise entre 20 et 40 %. Cette retenue couvre le secrétariat, le personnel technique, le matériel et l’entretien des locaux.

Vous pouvez aussi rejoindre un pool, qui regroupe plusieurs dentistes ou médecins. Le pool perçoit les honoraires et les répartit ensuite selon le temps de travail de chacun. Pour lancer son activité de dentiste sans investir immédiatement dans un cabinet, cette formule reste souvent rassurante.

 

Étape 6 : souscrire les assurances professionnelles

L’assurance responsabilité civile professionnelle reste obligatoire. Elle couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de vos soins. D’autres assurances, bien que facultatives, restent vivement conseillées :

  • la protection juridique, qui couvre vos frais d’avocat en cas de litige avec un patient ;
  • la RC exploitation, pour les accidents survenus au cabinet en dehors des soins (une chute en salle d’attente) ;
  • l’assurance revenu garanti, qui complète les faibles indemnités de la mutuelle en cas d’incapacité ;
  • l’assurance décès, qui verse un capital à vos proches.

Pour votre pension, les prestataires de soins disposent de formules spécifiques comme la PLCI sociale ou INAMI. Ces contrats offrent un avantage fiscal intéressant, en complément de votre statut social.

 

Étape 7 : facturer électroniquement et percevoir ses primes

Facturation électronique obligatoire

Depuis le 1er septembre 2025, vous facturez vos soins ambulatoires aux mutualités par voie électronique. Seuls les dentistes âgés d’au moins 63 ans au 1er janvier 2024 peuvent encore utiliser le papier. Vous devez aussi proposer un paiement électronique à vos patients.

 

Statut social et primes INAMI

Si vous êtes conventionné, vous percevez chaque année le statut social INAMI, fixé à 3 860,98 € pour 2025. L’année de votre premier numéro, vous le recevez au prorata de vos mois d’adhésion. L’accréditation et la prime télématique complètent ces revenus, sous conditions de formation et d’usage des services électroniques.

 

Étape 8 : déduire ses frais et payer ses impôts correctement

Une dépense reste déductible si elle sert votre activité, si vous la payez durant l’année et si une pièce justificative l’accompagne. Vous déduisez ainsi vos cotisations sociales, votre loyer, vos consommables, vos blouses ou vos lunettes de protection. La trousse achetée pendant vos études peut aussi être valorisée au prix du marché au début de votre activité.

Important
L’administration examine de près les séminaires suivis à l’étranger. Vous devez prouver leur lien avec votre pratique, grâce au programme et à la liste des orateurs. Les frais touristiques et le séjour d’un accompagnant ne sont jamais déductibles.

Vos obligations fiscales comprennent les versements anticipés, la déclaration fiscale annuelle et, en cas d’assujettissement mixte, les déclarations TVA. Des versements anticipés insuffisants entraînent une majoration d’impôt, sauf pendant vos trois premières années d’activité.

 

Étape 9 : envisager la société lorsque vos revenus progressent

Lorsque vos revenus augmentent, la société peut réduire votre pression fiscale et séparer votre patrimoine privé de celui du cabinet. Elle facilite aussi l’association avec des confrères et la transmission en fin de carrière.

Ce passage implique toutefois un acte notarié, un plan financier, une comptabilité complète et la publication de comptes annuels. Notre comparateur indépendant ou société vous aide à évaluer le bon moment.

Lancer son activité de dentiste demande de la rigueur, mais une bonne préparation vous libère du temps pour vos patients. Prendre rendez-vous (gratuit) avec un expert BILLY, nos experts vous accompagnent dès l’ouverture de votre cabinet 💬