Le métier de kinésithérapeute combine une pratique paramédicale réglementée et une gestion administrative qui lui est propre. Entre l’exonération de TVA sur les actes thérapeutiques, le numéro INAMI et des lieux d’exercice souvent multiples, la comptabilité d’un kinésithérapeute indépendant suit des règles différentes de celles d’une profession libérale classique. Que vous exerciez seul, en centre partagé ou en visites à domicile, ce guide reprend les particularités essentielles à connaître tout au long de votre carrière.

En résumé
  • Le kinésithérapeute bénéficie d’une exonération de TVA sur ses actes à finalité thérapeutique ;
  • Le numéro INAMI conditionne la facturation aux mutualités et l’accès à certaines primes ;
  • Le lieu d’exercice, cabinet personnel, centre partagé ou visites à domicile, influence directement la déduction des frais ;
  • Le choix entre personne physique et société dépend surtout du niveau de revenus ;
  • Certaines dépenses, comme le matériel de soin ou les formations, sont propres à ce métier.

 

Se lancer comme kinésithérapeute indépendant : les étapes clés

Pour exercer la kinésithérapie en Belgique, vous devez d’abord obtenir votre visa auprès du SPF Santé publique, sur base d’un diplôme reconnu. Vous demandez ensuite un numéro INAMI, indispensable pour facturer vos prestations aux mutualités et prétendre à certaines primes. Une fois ces autorisations obtenues, l’immatriculation à la Banque-Carrefour des Entreprises, l’affiliation à une caisse d’assurances sociales et l’analyse de votre régime de TVA complètent le lancement de votre activité de kinésithérapeute.

 

TVA : une exonération quasi automatique pour vos actes thérapeutiques

La majorité des prestations d’un kinésithérapeute relèvent de l’exemption TVA prévue par l’article 44 du Code de la TVA. Vous ne facturez alors aucune TVA à vos patients et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels. Cette exonération suit la nature de l’acte plutôt que votre statut : un acte à visée curative reste exonéré, tandis qu’une prestation sans but thérapeutique devient imposable.

À savoir

L’exonération ne résulte d’aucune démarche particulière. Dès que vos prestations poursuivent une finalité thérapeutique, vous êtes automatiquement assujetti exonéré, sans inscription ni déclaration périodique à déposer.

Certains actes échappent toutefois à cette exonération, comme le montre le tableau suivant.

Type de prestationRégime TVA applicable
Kinésithérapie prescrite à visée curativeExonérée (article 44)
Rééducation fonctionnelle ou post-opératoireExonérée (article 44)
Coaching sportif sans prescription médicaleSoumis à 21 %
Vente de matériel sans lien avec un soinSoumis à 21 %

 

Cabinet, centre partagé ou visites à domicile : quel impact sur vos frais ?

Le kinésithérapeute exerce rarement dans un seul lieu. Un cabinet chez vous ouvre droit à la déduction d’une quote-part des charges du logement, tandis qu’un cabinet loué permet de déduire l’ensemble du loyer et des charges liées. Dans un centre partagé, vous versez généralement une rétrocession, calculée sur vos recettes, qui constitue elle-même une charge déductible.

Les visites à domicile modifient également le traitement de vos déplacements. Un trajet entre votre cabinet habituel et un patient reste professionnel, tandis qu’un trajet purement privé n’ouvre aucun droit à déduction.

 

Honoraires et rétrocession : les particularités de la facturation du kinésithérapeute

Un kinésithérapeute conventionné applique les tarifs fixés par sa convention avec l’INAMI et bénéficie généralement du tiers payant pour une partie de ses patients. En centre ou en clinique, une partie de vos honoraires est retenue sous forme de rétrocession, qui couvre les frais de fonctionnement de la structure.

Exemple
Julie exerce trois jours par semaine dans un centre de kinésithérapie et deux jours dans son cabinet personnel. Ses recettes mensuelles au centre atteignent 4 200 €, dont 30 % de rétrocession, soit 1 260 €. Elle conserve donc 2 940 € nets sur cette activité, auxquels s’ajoutent 3 100 € issus de son cabinet personnel, sur lesquels elle déduit l’ensemble de ses frais professionnels.

 

Sur son activité en centre, seule la rétrocession constitue une charge déductible pour Julie, le reste étant pris en charge directement par la structure.

 

Primes, assurances et pension : les cotisations propres au métier de kinésithérapeute

Un kinésithérapeute conventionné peut prétendre à plusieurs primes de l’INAMI, comme la prime télématique liée à l’usage d’un logiciel homologué. Ces primes constituent des recettes imposables, à déclarer comme le reste de votre activité. La cotisation à une assurance responsabilité civile professionnelle reste par ailleurs obligatoire pour tout kinésithérapeute, quel que soit son statut.

Votre pension se construit aussi de plusieurs manières. La PLCI, ordinaire ou sociale, reste déductible et repose sur vos propres versements, tandis que l’avantage social INAMI est directement financé par l’organisme pour les kinésithérapeutes conventionnés qui remplissent les conditions requises.

 

Déduire les dépenses professionnelles propres au kinésithérapeute

Comme tout indépendant, vous pouvez déduire vos frais professionnels généraux, tels que les cotisations sociales, les assurances ou les frais de cabinet. Le kinésithérapeute déduit également des dépenses propres à son métier, comme le matériel de soin, les consommables, les logiciels de gestion patient ou les formations qui perfectionnent sa pratique actuelle.

 

Le choix du statut : personne physique ou société

Le kinésithérapeute peut exercer en personne physique ou en société. Le passage en société devient souvent pertinent lorsque les revenus dépassent le seuil nécessaire pour compenser les coûts de constitution et de gestion, et qu’une optimisation de la rémunération devient intéressante. Ce choix dépend aussi de vos projets de développement, comme l’association avec d’autres praticiens.

 

Respecter vos échéances fiscales

En tant qu’indépendant, vous devez respecter plusieurs échéances tout au long de l’année : les versements anticipés trimestriels si vous êtes en société, et la déclaration fiscale annuelle à l’IPP. Si une partie de votre activité est soumise à la TVA, vous devez également déposer les déclarations correspondantes selon votre régime.

 

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