- Pourquoi la banque demande-t-elle des garanties de prêt ?
- Garanties réelles : hypothèque, gage et nantissement
- Garanties personnelles : cautionnement et codébition
- Garanties publiques : se faire aider par un organisme régional
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Quelles garanties pour un prêt professionnel ?


Lorsque vous sollicitez un prêt pour financer la création ou le développement de votre entreprise, la banque évalue deux éléments : votre capacité de remboursement et les garanties que vous pouvez offrir. Les garanties de prêt rassurent l’organisme prêteur en cas de défaillance. Comprendre les différents types de garanties disponibles vous permet de mieux préparer votre dossier de financement.
- La banque exige des garanties pour couvrir le risque de non-remboursement de votre prêt professionnel ;
- Les garanties réelles portent sur des biens (hypothèque, gage, nantissement) ;
- Les garanties personnelles engagent une personne physique (cautionnement, codébition) ;
- Des organismes publics régionaux peuvent se porter garants pour faciliter l’accès au crédit ;
- Le choix des garanties de prêt dépend du montant emprunté, de la durée et de votre profil.
Pourquoi la banque demande-t-elle des garanties de prêt ?
Lorsqu’un organisme de crédit accorde un prêt, il prend un risque. Si votre entreprise rencontre des difficultés et ne peut plus rembourser, la banque doit pouvoir récupérer tout ou partie des fonds prêtés. Les garanties de prêt constituent ce filet de sécurité.
Le niveau de garantie exigé dépend de plusieurs facteurs : le montant du prêt, la durée de remboursement, la solidité financière de votre projet et votre historique bancaire. Plus le risque perçu est élevé, plus les garanties demandées seront importantes.
Garanties réelles : hypothèque, gage et nantissement
Les garanties réelles portent sur un bien précis. En cas de non-remboursement, la banque peut faire vendre ce bien pour récupérer les sommes dues. Elles offrent une sécurité forte au prêteur.
L’hypothèque sur un bien immobilier
L’hypothèque est la garantie réelle la plus connue. Elle porte sur un bien immobilier : un bureau, un local commercial ou même votre habitation personnelle. Si vous ne remboursez plus votre prêt, la banque peut faire vendre le bien pour se rembourser.
L’hypothèque doit obligatoirement être constituée par acte notarié, ce qui engendre des frais (droits d’enregistrement, honoraires du notaire). Elle reste inscrite pendant 30 ans. Pour la lever avant cette échéance, une mainlevée est nécessaire, moyennant des frais supplémentaires.
Sophie ouvre un cabinet de kinésithérapie et emprunte 180 000 € pour acheter un local. La banque inscrit une hypothèque sur ce local. Si Sophie ne rembourse plus, la banque pourra demander la vente du bien pour récupérer le solde du prêt.
Dans la pratique, les banques utilisent parfois l’hypothèque pour couvrir des lignes de crédit variées, et pas uniquement le prêt lié au bien financé. Vérifiez toujours si l’hypothèque est « pour toutes sommes » ou limitée à un crédit précis.
Le mandat hypothécaire : une alternative moins coûteuse
Le mandat hypothécaire est une variante plus souple. Vous donnez à la banque le pouvoir de prendre une hypothèque sur votre bien, mais elle ne l’inscrit pas immédiatement. L’inscription n’intervient que si vous cessez de rembourser.
L’avantage principal est le coût réduit à la constitution. Vous évitez les droits d’enregistrement tant que la banque n’active pas le mandat. En revanche, si elle doit l’activer, les frais s’ajoutent à ceux du mandat initial.
Le gage sur biens mobiliers
Le gage porte sur des biens mobiliers : du matériel professionnel, un véhicule, des stocks ou des valeurs mobilières (actions, titres). Le créancier dispose d’un droit prioritaire sur ces biens en cas de non-remboursement.
Le gage sur fonds de commerce est courant pour les crédits professionnels. Il couvre l’ensemble des éléments qui composent le fonds : la clientèle, l’enseigne, le droit au bail, le mobilier et l’outillage. Pour être opposable aux tiers, le gage doit être enregistré dans le registre national des gages. Son inscription est valable 10 ans, renouvelable.
| Garantie réelle | Bien concerné | Formalités | Coût |
|---|---|---|---|
| Hypothèque | Bien immobilier | Acte notarié obligatoire | Élevé (droits d'enregistrement + notaire) |
| Mandat hypothécaire | Bien immobilier | Acte notarié obligatoire | Réduit à la constitution |
| Gage sur fonds de commerce | Biens mobiliers professionnels | Inscription au registre des gages | Modéré |
| Gage sur titres | Actions, valeurs mobilières | Convention écrite | Faible |
Garanties personnelles : cautionnement et codébition
Les garanties personnelles engagent le patrimoine d’une personne physique, distincte de la société emprunteuse. Elles ne portent pas sur un bien en particulier, mais sur l’ensemble du patrimoine du garant.
Le cautionnement : un engagement limitable
Le cautionnement consiste à ce qu’une personne (la caution) s’engage à rembourser la dette si l’emprunteur ne peut plus le faire. Contrairement à la codébition, le cautionnement peut être limité dans le montant et dans le temps.
Il existe deux formes principales. Le cautionnement simple permet à la caution de demander que la banque épuise d’abord tous ses recours contre l’emprunteur principal. Le cautionnement solidaire, plus fréquent en pratique, permet à la banque de se tourner directement vers la caution, sans passer par l’emprunteur.
La codébition : l’engagement le plus lourd
La codébition va plus loin que le cautionnement. Le codébiteur s’engage de la même manière que l’emprunteur principal, sur l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers, présents et futurs.
La banque demande souvent ce type de garanties de prêt aux dirigeants de PME. L’objectif affiché est de démontrer la confiance du dirigeant dans son projet. Lorsque les codébiteurs sont solidaires, la banque peut réclamer la totalité de la dette à n’importe lequel d’entre eux.
Marc et Julie créent une SRL de consultance. La banque accorde un prêt de 50 000 € à la société, mais demande à Marc et Julie de signer en tant que codébiteurs solidaires. Si la société fait défaut, la banque peut réclamer la totalité des 50 000 € à Marc seul, ou à Julie seule.
Soyez vigilant si votre conjoint ou cohabitant légal est invité à signer en tant que codébiteur. Cet engagement met en péril le patrimoine personnel et le patrimoine commun du couple, même si le conjoint n’a aucun lien avec l’entreprise.
Garanties publiques : se faire aider par un organisme régional
Vous ne disposez pas de garanties suffisantes pour convaincre votre banque ? Des organismes publics régionaux peuvent intervenir en se portant partiellement garants de votre prêt professionnel. Ces mécanismes facilitent l’accès au crédit, surtout pour les starters et les petites entreprises.
En Wallonie : Wallonie Entreprendre
Wallonie Entreprendre (anciennement Sowalfin) propose des garanties couvrant une partie du crédit bancaire. L’organisme intervient en complément de la banque, sans se substituer à elle. Les PME wallonnes, les indépendants et les professions libérales peuvent en bénéficier.
Wallonie Entreprendre propose également des prêts subordonnés qui viennent en complément du crédit bancaire, renforçant ainsi la structure financière de votre dossier.
À Bruxelles : finance&invest.brussels
Le Fonds Bruxellois de Garantie, géré par finance&invest.brussels, couvre jusqu’à 65 % du montant d’un crédit d’investissement et jusqu’à 50 % d’un crédit de caisse. La garantie peut atteindre 80 % pour les entreprises exemplaires sur le plan social ou environnemental.
La demande passe obligatoirement par votre banque. Vous pouvez en parler à votre banquier parmi les partenaires du réseau (Belfius, BNP Paribas Fortis, ING, KBC, Beobank, Banque Van Breda).
En Flandre : PMV/z (ParticipatieMaatschappij Vlaanderen)
L’équivalent flamand (ParticipatieMaatschappij Vlaanderen) propose des mécanismes de garantie similaires pour les entrepreneurs et PME situés en Flandre.
Comment choisir les bonnes garanties de prêt ?
Le choix de la garantie dépend de votre situation personnelle, du type de crédit et du montant emprunté. Voici quelques repères pour vous orienter.
Pour un crédit d’investissement immobilier, l’hypothèque est généralement incontournable. Si votre profil financier est solide, un mandat hypothécaire peut suffire et réduire les frais initiaux.
Pour un crédit à court ou moyen terme (matériel, véhicule, trésorerie), le gage sur fonds de commerce ou le cautionnement personnel sont les garanties les plus fréquentes. Si vous créez une société, la banque demandera souvent une codébition des dirigeants.
Dans tous les cas, privilégiez les garanties professionnelles aux garanties privées lorsque c’est possible. Engager votre patrimoine personnel pour des dettes professionnelles comporte un risque majeur, surtout si votre conjoint est impliqué.
| Situation | Garantie recommandée |
|---|---|
| Achat d'un local professionnel | Hypothèque ou mandat hypothécaire |
| Financement de matériel | Gage sur le matériel financé |
| Crédit de trésorerie (PME) | Cautionnement + garantie publique |
| Lancement d'activité (starter) | Garantie publique régionale + cautionnement limité |
Votre comptable ou conseiller financier peut vous aider à évaluer les garanties les plus adaptées à votre projet. Un dossier bien préparé, avec un plan financier solide, réduit les exigences de la banque en matière de garanties de prêt.
Des questions sur le financement de votre projet ou sur les garanties exigées par votre banque ? Prenez rendez-vous (gratuit) avec nos experts, ils vous répondront avec plaisir 💬


